Exercices de transcription
Leçon 4 sur 4≈ 16 min
Du papier au cours
Les fragments qui suivent se rattachent aux deux contes publiés avec l'article de 1988 : Mntru maskini na imauti (conte anjouanais, Ahmed-Chamanga) et Hadithi ya Ibunaswia (conte grand-comorien, Jean-Luc Sibertin-Blanc). Ils n'ont pas encore été comparés aux pages des contes : lisez-les comme des fragments à vérifier.
Mise à part la conversion vers la notation 2019, le lexique lui-même demande déjà un effort de lecture : ce sont des contes traditionnels, avec un vocabulaire un peu plus riche que les leçons précédentes.
Objectif : appliquer les règles 6.1-6.2 sur du texte vivant.
Fragment 1 — Conte anjouanais (1988)
Texte original :
Haya t'uka mhwene masikini akasa milila mfua wala kukasipara. Arongo a-Mwalangu Mwene-Mngu, halini ri'lo masikini...
Traduction approximative :
« Voilà, il était un pauvre homme qui avait souffert, sans aller manger ni dormir. Il disait à Dieu — Si je suis pauvre… »
Quelques éléments :
- masikini (pauvre) — emprunt arabe مسكين, reste masikini en 2019 (pas d'implosive)
- Mwene-Mngu (Dieu, « le Maître-Dieu ») — déjà bien formé en 2019
- milila mfua (manger) — forme dialectale, lexique poétique
La plupart du texte ne nécessite pas de conversion car il ne contient ni b/d natif, ni mi-nasale nb. C'est le cas fréquent.
À vérifier : le titre du conte écrit maskini (et mntru, graphie 1988 de muntru), le fragment écrit masikini.
Fragment 2 — Conte ngazidja (1988)
Texte original :
Mwongoni mwa usiku pva'a mndru, halawu. Halafu, hukan mdzaya hakna mapesa, hende hata wende hahundu mdruaho yakwe...
Traduction approximative :
« Au milieu de la nuit il y avait un homme, pauvre. Or, il avait faim, n'avait pas d'argent, il s'en allait jusqu'à la maison de sa belle-famille… »
Éléments à noter :
- pva'a — le pv est shiNgazidja ; l'apostrophe note une attaque vocalique, écrite avec un tréma en 2019 (forme exacte à confirmer)
- mndru — préservé (shiNgazidja)
- mdzaya — l'article de 1988 écrit « faim » ndzaya, avec la mi-nasale ndz : mdz n'est une mi-nasale ni en 1988 ni en 2019. Graphie du fragment à vérifier.
- mdruaho — même remarque : la mi-nasale est ndr ; après un m syllabique, 1988 écrit mndr (comme dans mndru). Graphie à vérifier.
Pas de conversion majeure pour ce fragment non plus — il est largement compatible 2019.
Leçon générale
Ces deux exemples illustrent une vérité importante : la plupart des textes 1988 sont déjà compatibles avec la 2019. Les différences ne concernent qu'une minorité de mots — ceux qui contiennent un b ou d natif (à transformer en ɓ ou ɗ) ou une mi-nasale nb (à transformer en mɓ ou mb selon le mot et le parler), plus quelques écarts rares (np → mp, apostrophe d'attaque → tréma).
En pratique, transcrire un conte 1988 vers 2019 demande typiquement de changer 5-10 mots par page — pas plus. Et ce sont souvent les mêmes : baba → ɓaɓa, banga → ɓanga, daho → ɗaho, nbuzi → mɓuzi (Ng) ou mbuzi (Nz), etc.
Une fois la liste mémorisée, vous lirez les anciens textes presque comme s'ils étaient déjà en norme 2019.
Pratique — micro-conversions
Convertir mhwene (1988, « propriétaire / sage ») en 2019.
Notation 1988mhweneConvertir nbuyu (1988, baobab) en 2019.
Notation 1988nbuyuConvertir baba (1988) en 2019.
Notation 1988babaConvertir daho (1988, « maison ») en 2019.
Notation 1988dahoConvertir nbuzi (1988, shindzuani) en 2019.
Notation 1988nbuziConvertir mntru (1988, shindzuani, « personne ») en 2019.
Notation 1988mntruConvertir fundi (1988, « maître, artisan ») en 2019.
Notation 1988fundi
Mini-quiz
En moyenne, combien de mots par page changent lors d'une conversion 1988 → 2019 ?
Environ ___ mots.
Module 6 terminé — vous lisez le patrimoine
Vous savez maintenant :
- Identifier un texte 1988 (b/d non distingués, nb au lieu de mɓ ou mb, circonflexes ad hoc)
- Décider quels b/d sont implosifs (étymologie, parler, dictionnaire)
- Convertir les graphies divergentes, en signalant celles qui restent à confirmer
- Reconnaître le système Kamar-Eddine (alphabet arabe adapté)
La littérature comorienne pré-2009 vous est accessible. Les recueils de contes d'Ahmed-Chamanga, les poèmes de l'Alifube, les premiers manuels d'alphabétisation — tout devient lisible.
Dernier module à venir : la culture et la littérature orale. Proverbes, contes, vocabulaire culturel, et le lexique de la Révolution soilihiste.
